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Très chers atomes
Un milliard d’euros serait nécessaire pour démanteler et réhabiliter un seul réacteur nucléaire, affirment les experts. L’électricité issue de l’atome coûte cher, on le savait. Mais s’en débarrasser aussi.

Alors que la Syrie, l’Inde et plusieurs autres pays asiatiques sont aux prises avec la communauté internationale pour le développement de leurs programmes nucléaires civils, l’Europe hésite entre l’abandon et la transition. Une ambition coûteuse.

Facture salée

Il faudrait compter environ 900 millions d’euros, soit 1,3 milliard de dollars, pour transformer un réacteur nucléaire en site industriel lambda, estiment les spécialistes. Ce montant est variable selon les pays, et diminue avec le nombre de réacteurs au sein d’un même site.

L’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) estimait en 2004 que le démantèlement des centaines de sites nucléaire obsolètes couterait 1.000 milliards de dollars sur plusieurs décennies. Un montant à revoir à la hausse "à cause de l’inflation", précisait pour Le Monde Michele Laraia, chargé du dossier à l’AIEA.

L’atome autour du globe

Aujourd’hui, le parc nucléaire mondial compte 439 réacteurs en activité, et plusieurs dizaines d’autres en construction. L’Union Européenne en totalise près de 150, dont 58 uniquement en France. Ce qui fait de l’Hexagone le premier pays du monde en terme de ratio réacteurs/habitant. En France, 78% de l’électricité est produite par le thermique nucléaire, contre 11% par l’hydraulique et 10% par le thermique à flamme.

Les États-Unis, avec plus de 100 centrales, sont les plus grands producteurs d’électricité nucléaire. Mais la puissance de l’atome trouve de nouveaux adeptes en Asie. La Chine installe actuellement une quarantaine de sites qui seront bientôt opérationnels. Après la récente levée d’un embargo vieux de quarante ans, l’Inde est en négociation avec les constructeurs de réacteurs, dont le leader mondial français Areva. Un marché juteux pour les prestataires occidentaux qui n’attendaient que cette occasion pour conquérir l’Orient.

Une énergie d’avenir ?

Certains pays d’Europe, comme la Suède, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, ont déjà amorcé leur retrait du nucléaire civil vers des énergies renouvelables. Pour Yannick Rousselet de Greenpeace France, le buzz national sur le succès du nucléaire est toutefois très surfait. "On arrête aujourd’hui plus de réacteurs dans le monde qu’on en démarre", affirme-t-il.

L’arrêt des réacteurs est dû notamment à la vétusté des installations, aux risques de fuites et d’accidents, ou de retraitement des déchets "qui représentent aujourd’hui en France un kilo par habitant et par an, soit 60.000 tonnes chaque année", d’après Pauline Briand d’Areva. Mais surtout parce que le rapport efficacité-prix est désastreux. Les 439 centrales dans le monde ne fournissent que 2,2 à 3% de l’énergie finale du globe. Et les meilleures estimations tablent sur 4 à 5% pour 2030.

"Le nucléaire ne peut même pas être un complément sérieux face au réchauffement climatique", s’emporte Yannick Rousselet, "c’est un gouffre financier et l’urgence veut que nous mettions l’argent là où il est utile. La solution se trouve dans l’efficacité énergétique. La plus grande source d’énergie est celle qu’on ne consomme pas. Remplacer toutes les ampoules à incandescence de France par des ampoules à basse consommation économiserait le prix de l’EPR d’Areva en Finlande, soit plus de 3 milliards d’euros".

LES SOURCES DE CET ARTICLE :


- Article du Monde du 1er octobre 2008

- Site de l’AIEA

- EDF : le nucléaire en France

- Site Nucléaire Non-Merci

Crédit photo : Nitot

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