Rouler pour la nature… et son portefeuille
Les grandes entreprises se mettent à l’éco-conduite, davantage par économie que par souci d’écologie.

« Quand une entreprise nous sollicite sur les questions d’éco-conduite, et donc de développement durable, il y a une question que je pose avant tout. Est-ce que vous vous voulez quelque chose qui se voit, ou bien quelque chose qui sert ? Selon la réponse, soit nous équipons le comité de direction de 12 voitures hybrides… soit nous faisons un bilan complet du parc automobile pour connaître le taux d’émission de CO2, et puis le réduire. »

De l’avis de François Piot, directeur général France d’Arval, les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à choisir la deuxième solution. Même s’il admet que leur « force de conviction » reste variable, ces deux dernières années ont prouvé à la société de location de véhicules que la prise de conscience est réelle.

Le poids du prix à la pompe

Une conscience du portefeuille, tout du moins : rouler mieux coûte moins cher, et accessoirement, permet de protéger l’environnement tout en donnant une image « responsable » à son entreprise.

C’est l’investissement de départ, parfois lourd, qui freine certains. La première étape est donc la sensibilisation : « Quand on sait que simplement changer de mode de conduite permet des écarts entre conducteurs de 15 à 30%, cela commence à faire tilt. Ensuite, on aborde les thèmes de la climatisation, de la préparation des trajets… » commente Christian Scholly, directeur général adjoint de l’Automobile club prévention. « Sans aller jusqu’à un enthousiasme délirant, on peut dire que l’intérêt ne cesse de grandir, surtout depuis un an ».

En réalité, ce sont surtout les grosses sociétés, à partir de 100 ou 200 véhicules, qui y trouvent leur compte, touchées de plein fouet par la hausse des prix de l’essence. Les PME et PMI, souvent peu équipées, se sentent moins concernées.

Quand la vertu « s’auto-finance »

Les arguments sont pourtant connus, diffusés et rabâchés : une conduite modérée signifie aussi moins de risques, une baisse de la « sinistralité » jusqu’à -30%, comme disent les experts – traduisez une baisse du nombre d’accidents. Et moins d’accidents, cela veut dire moins d’absences sur le lieu de travail, moins de frais pour la trésorerie, mais également une baisse des tarifs d’assurance. « La vertu s’auto-finance, aime-t-on dire chez Arval. Ce n’est plus un luxe. »

Attention toutefois à qui l’on s’adresse, avertit l’Observatoire du véhicule d’entreprise. Il n’existe aucune certification pour les cours d’éco-conduite : certains ont senti le filon et s’y sont engouffrés, sans toujours avoir les compétences nécessaires.

(Crédit photo : Institut national de sécurité routière et de recherche)

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