Les forêts tropicales à la Bourse
Une entreprise britannique a signé un accord avec des autorités locales guyanaises... et gagné le droit de peser financièrement sur les services rendus par leur forêt tropicale.

Tout service mérite salaire. La capture du carbone, la régulation climatique et le maintien de la biodiversité, aussi. C’est ce qu’affirme Canopy Capital, une entreprise londonienne créée en 2007 et déterminée à injecter des capitaux au coeur de la nature. Fin mars, l’entreprise a signé un accord avec le Centre international d’Iwakrama, une région boisée de Guyane grande de 370 000 hectares. Objectif ? attribuer une valeur financière à l’écosystème de cette forêt tropicale. "Comment se fait-il que les services de Google valent des milliards et que ceux des forêts tropicales du monde ne valent rien du tout ?", s’interroge Hylton Murray-Philipson, le directeur de Canopy Capital. Mais l’entreprise se défend bien de vouloir s’offrir ainsi une terre exotique à l’autre bout du monde. Non.

Au détour du contrat, elle a simplement gagné le droit de mesurer et faire valoir les services rendus par la forêt pendant cinq ans. En échange, elle versera une somme annuelle aux autorités locales. L’argent ainsi obtenu devrait servir à préserver la région et à protéger les ressources de la population autochtone. Ainsi, assure l’entreprise, la forêt pourra peu à peu s’affranchir des donations institutionnelles et devenir financièrement indépendante à l’horizon 2010. Surtout, les autorités locales ne seront pas tenter de succomber aux offres de gros industriels, coupables d’amputer des milliers d’hectares de terres boisées au Brésil ou en Indonésie. Lors du sommet sur le climat à Bali en décembre, les leaders du monde entier se sont engagés à limiter la destruction des forêts, seconde cause d’émissions de CO2 dans l’atmosphère.

LES SOURCES DE CET ARTICLE : Le site de Canopy Capital

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