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Les bonus-malus font (déjà) des déçus
Le gouvernement distille au compte-gouttes les informations sur la taxe écologique. Mais les contours de la liste aux vingt produits soumis au bonus-malus deviennent plus clairs. Premières réactions des ONG. Et premiers grincements de dents.

Les supputations sur le bonus pleuvent ! La dernière en date provient du quotidien Le Figaro qui a dévoilé hier matin plusieurs pistes du gouvernement au sujet de ces vingt produits sur la sellette.

Cette mesure, née du Grenelle de l’environnement qui s’est tenu à l’été 2007, vise à favoriser l’achat de produits plus "verts". Du gobelet plastique à la machine à laver, une batterie de consommables et d’équipements sont passés au crible sur des critères de consommation d’énergie, de "recyclabilité" ou encore de bilan carbone. Dans chacune des vingts catégories, certaines marques verront leur prix baisser en vertu d’un bonus écologique. Récompense financière pour le producteur et réduction à la caisse pour le consommateur, au regard d’indicateurs environnementaux positifs. À l’inverse, les mauvais élèves seront surtaxés. Au final, le gouvernement espère de la sorte encourager l’achat de gobelets recyclables, d’ampoules basse consommation, de réfrigérateurs peu polluants, pour ne citer qu’eux. Et pousser ainsi au rebut leurs concurrents moins écolos.

Révolution ou demi-mesure ? Les observateurs sont partagés. Quoi qu’il en soit, les industriels tremblent comme le jour de la remise des bulletins de notes. Chacun espère se trouver du bon côté de la moyenne et repartir avec son diplôme.

D’autant plus que la stratégie du ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, est aujourd’hui de dévoiler le palmarès à la dernière seconde. La mauvaise expérience du volet automobile de la formule a encore un goût amer. Après l’annonce des critères du bonus-malus auto, les concessionnaires et constructeurs se sont frottés les mains en voyant affluer les acheteurs. Ceux-ci se sont empressés d’acquérir un 4x4 avant la mise en application de la législation, remettant en cause son efficacité.

Karine Gavand, responsable de la campagne climat de Greenpeace :

Il s’agissait d’une mesure attendue, mais la cause écologique a besoin de réformes structurelles. Il faut mettre en place de vraies contraintes sur les producteurs à travers par exemple une norme de performance écologique minimale. L’exemple du malus auto est parlant : aujourd’hui, environ 1% du parc automobile est concerné par un malus vraiment pénalisant. C’est considérer le problème par le petit bout de la lorgnette.

Damien Demailly, chargé du programme énergie climat chez WWF France :

Cette mesure va dans le bon sens, mais pas assez loin. Il faut tout bonnement interdire la production des produits trop "sales" et durcir la logique de taxe écologique. Instaurer un système de malus sans bonus pour forcer les acteurs économiques et politiques à entamer une vraie transition énergétique. Et compléter ces actions d’une communication solide.

Yannick Jadot, ancien directeur des programme de Greenpeace France et membre du Rassemblement Ecologiste :

On est loin d’une vraie mesure. Elle n’avait de sens qu’au cœur d’un ensemble présenté au Grenelle. La France a arrêté de porter le débat climat-énergie au niveau européen. L’accord Sarkozy-Merkel en juin dernier sur les émissions de CO2 des véhicules a détruit les espoirs du Grenelle. Globalement, on assiste aujourd’hui à la mise en place de mesures-gadgets, pour la plupart. Il faut instaurer une réelle contrainte sur les fabricants.

Michel Plaze, PDG de Disposelec, distributeur grossiste de téléphonie, micro-électronique, électroménager en Loire Atlantique :

En tant que distributeur de produits susceptibles d’être touchés par cette nouvelle taxe écologique, je ne peux qu’être inquiet. L’idée est bonne mais il est certain que des répercussions se feront sentir sur la consommation, donc sur la croissance. C’est à mes yeux une politique peu incitative à innover pour les producteurs. On risque d’assister d’une part à une hausse du prix de vente, ou à une baisse des marges des distributeurs, et de l’autre à une lassitude des consommateurs face à une nouvelle mesure répressive.

LES SOURCES DE CET ARTICLE :


- Le site du Figaro

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