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Les agro-carburants plombent l’Amérique Latine
Les agro-carburants, maillon fort du développement durable ? Pas si sûr. D’après un rapport de l’association Friends of the Earth International publié cette semaine, le développement de ces combustibles végétaux engendre de nombreux problèmes dans les pays d’Amérique Latine. Sur le banc des accusés, sept pays peu scrupuleux.

Tensions sociales, pollution, exploitation sans mesure des sols et des populations : les agro-carburants ne sont visiblement pas la panacée des pays d’Amérique latine. Le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, la Colombie, le Costa Rica, le Salvador et le Guatemala sont ainsi pointés du doigt par le rapport d’une des plus importantes associations vertes du monde, Friends of the Earth International.

Selon l’ong, la demande croissante d’agro-carburants par les pays industrialisés pousse les Etats de la région à privilégier une agriculture intensive et destructrice. Canne à sucre, soja, huile de palme "prennent ainsi le pas sur les cultures vivrières nourrissant les populations locales". Un problème de poids lorsque l’on connaît les hausses spectaculaires des prix alimentaires à l’échelle planétaire.

Coût social

En outre, l’utilisation massive de produits chimiques pesticides et fertilisants pollue les sols et les cours d’eau, détruisant ou endommageant durablement des écosystèmes déjà fragilisés. L’expansion de ces exploitations repousse alors les petits agriculteurs vers les zones forestières, entraînant soit leur ruine, soit une déforestation accrue pour aménager de nouvelles lopins. En cas de faillite des petits exploitants, nombreux sont ceux qui se retrouvent contraints de travailler comme ouvriers agricoles pour les riches propriétaires et les compagnies internationales gérant les grandes parcelles.

Salaires de misère, esclavage moderne et travail des enfants resurgissent à cette étape du processus. Les intérêts économiques en jeu sont énormes et les options des strates peu fortunées, restreintes. Les nouvelles mesures agricoles de ces pays, rappelant curieusement les politiques d’ajustements du FMI des dernières décennies, engendrent des tensions sociales souvent mal considérées, voire durement réprimées. "Le sentiment de spoliation des petits exploitants expropriés grandit et avec lui les inégalités déjà importantes au sein de la population", explique le rapport. Sans compter que la plupart de ces pays sont souvent fortement marqués par la corruption et des amitiés politico-financières douteuses.

Enfin, l’engouement pour ces agro-carburants alimente encore la hausse des prix des matières premières agricoles sur les marchés internationaux. Le constat est donc résolument négatif pour ces pays exportateurs dont les bénéfices reviennent rarement aux populations elles-mêmes mais davantage aux grandes multinationales. Dommage.

LES SOURCES DE CET ARTICLE :
- Le rapport de Friends of the Earth International : Fuelling destruction in Latin America

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2 Messages de forum

  • Les agro-carburants plombent l’Amérique Latine

    11 septembre 22:04, par Pierre
    Il est certain que certains agro-carburants de première génération présentent un bilan contestable. Mais l’étude ne présente pas les agro-carburants de 2e génération, et notamment le jatropha, dont les propriétés énergétiques sont supérieures, et qui ne concurrence pas les cultures alimentaires.

    Voir en ligne : http://www.aujardin.info/news/0002-...

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    • Les agro-carburants plombent l’Amérique Latine 23 octobre 10:09, par Mathieu Hangue

      Le jatropha peut effectivement pousser dans des conditions difficiles. C’est d’ailleurs ce qui fait que c’est une "plante invasive". En clair, ça pousse partout comme les mauvaises herbes. Certains états australiens l’ont même interdit.

      D’autre part, si on le plante sur de bonnes terres irriguées, les rendements peuvent être multipliés par 12. Que croyez-vous que vont faire les investisseurs qui achètent des centaines de milliers d’hectares ? Laissez les petits paysans africains ou asiatiques planter quelques haies ou amortir au plus vite leurs investissements en essayant d’obtenir des rendements maximums, à grand coup d’engrais, pesticides, et irrigation ?

      Comment expliquer les émeutes en Inde contre les projets gouvernementaux de consacrer 50 millions d’hectares au jatropha, s’il n’y a pas de concurrence avec des terres agricoles ?

      Le gouvernement indien - comme Lula au Brésil ou les gouvernements d’Afrique australe - nous explique que ce sont des terres dégradées... Mais ces terres hors des circuits de l’agriculture intensive permettent à des millions d’humains de vivre.

      Oui, le jatropha peut permettre une certaine autonomie énergétique à des communautés villageoises, à condition que cela soit un projet mené par les villageois eux-mêmes et pour eux-mêmes.

      Mais lorsque vous lisez que l’Afrique australe doit devenir le Moyen-Orient des agrocarburants avec 400 millions d’hectares plantés notamment en jatropha (un carré de 2000 km de côté !) vous comprenez qu’on n’est plus dans le domaine du développement local, mais dans un projet financier et industriel global.

      Le jatropha comme les agrocarburants de seconde génération, ne sont qu’un leurre pour mieux nous faire accepter l’inacceptable : les agrocarburants actuels concurrencent les productions agricoles et font monter les prix alimentaires mondiaux.

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