Le G8 au sommet de la déception
Le G8 s’applaudit, ses membres se congratulent mutuellement, Nicolas Sarkozy s’auto-félicite et les ONG s’arrachent les cheveux en hurlant au scandale.

José Manuel Barroso, Silvio Berlusconi , Gordon Brown, Georges W. Bush, Yasuo Fukuda, Stephen Harper, Dmitri Medvedev, Angela Merkel, Nicolas Sakozy. Qu’est-il ressorti de la réunion de tout ce beau monde ? Rien, ou si peu.

Le sommet de Toyako au Japon rassemblait pour trois jours les dirigeants des « huit plus grandes économies de la planète », plus l’Union Européenne. La journée de mardi devait aborder les solutions au changement climatique, et plus particulièrement le protocole qui prendra la relève de Kyoto -ce dernier s’achevant en 2012.

Le communiqué Climat du Groupe des Huit résume la petitesse, qui touche au ridicule, des engagements pris. Le sommet de juin dernier en Allemagne promettait d’« envisager sérieusement » la réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre pour 2050. Celui de Toyako jure « d’envisager et d’adopter » cet objectif… sans même fixer d’année de référence. Aucune mesure à moyen ou court terme n’est envisagée, et les 6 milliards de dollars débloqués pour le Fond d’investissement climat seront tout simplement enlevés au budget de l’Aide publique au développement de la Banque Mondiale.

Les pays du « G5 », dits les grands émergents, s’étaient engagés lors de la conférence de Bali à réduire leurs propres émissions, à condition que ceux du G8 prennent des engagements concrets pour 2020. Rien n’ayant été décidé à ce sujet, ces pays estiment que le marché ne tient plus, malgré leur dernière déclaration, beaucoup plus engagée que celle du G8 et qui reprend les recommandations des scientifiques du GIEC.

Les ONG ne mâchent pas leurs mots

Karine Gavand, responsable de la campagne « Climat » de Greenpeace : « C’est une déclaration volontairement floue et totalement insuffisante, qui envoie un signal déplorable au reste de la communauté internationale. S’il n’y pas d’année de référence, cela n’a plus aucun sens ! En outre, il s’agit d’un engagement global, alors que les pays du G8, qui représentent 40% des émissions de carbone pour seulement 13% de la population mondiale, n’ont pris aucun engagement précis pour eux-mêmes… C’est tout l’enjeu des discussions internationales que de décider d’un partage équitable des responsabilités. On se trompe de coupable en accusant les pays émergents, alors que la France et les autres pays européens se sont compromis avec l’administration Bush, une administration totalement discrédité sur la question climatique, qui ne sera plus aux manettes dans quelques mois et qui réussit pourtant à bloquer toute avancée. »

Morgane Créach, chargé de mission au Réseau Action Climat : « Il n’y rien de nouveau. Tous ces efforts diplomatiques devaient conduire à quelque chose d’ambitieux, et on se retrouve avec une coquille vide. Il est scandaleux que le climat soit concurrentiel à d’autres secteurs en prélevant les fonds de l’aide publique au développement. De plus, aucune indication n’a été fournie sur la façon dont ces 6 milliards de dollars seraient employés (…). Le Canada et le Japon ne veulent pas prendre 1990 comme année de référence, mais plutôt 2005, car leurs émissions ont respectivement augmenté de 7% et 25%. Rien non plus sur la nécessité de les faire diminuer à partir de 2015. Tout ceci est inquiétant pour la suite des discussions. Par contre, il faut saluer la déclaration des pays émergents : c’est paradoxal qu’ils soient plus pro-actifs que les pays les plus développés, qui en plus d’une responsabilité passé et présente forte, ont davantage les capacités de travailler à améliorer la situation. »

Damien Demailly, chargé du programme Energie & Climat pour WWF : « Ce sommet a été un échec : tout le monde pensait que les pays riches allaient enfin assumer leurs responsabilités, et tirer les autres vers le haut. Mais le langage est à peine meilleur que celui de l’an. Les décisions annoncées seraient peut-être suffisantes si nous avions encore 100 ans devant nous pour discuter ! L’un des seuls points positifs est que ce sommet est le dernier de Georges W. Bush. L’Angleterre, en signant un traité bi-latéral avec l’Afrique, montre peut-être une nouvelle voie. Le G8 a bloqué le deal avec les pays émergents en ne répondant pas aux attentes, mais c’est la preuve qu’il y a des moyens de contourner cela. »

Sébastien Fourmy, porte-parole d’Oxfam : « Nous sommes en situation de crise, et nous attendions un G8 de crise. Cela n’a pas été le cas. Au lieu de la réduction de 25 à 40% des émissions de CO2 pour 2020 et d’un engagement financier à hauteur de 50 milliards de dollars minimum par an pour l’adaptation des pays les plus pauvres, nous n’avons eu droit qu’à des effets d’annonce. Il y avait pourtant là un rôle à jouer pour la France, qui a pris la présidence de l’Union Européenne, et que l’on aimerait voir endosser le leadership en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Les prochaines négociations doivent contenir des chiffres précis, et non plus tenir d’une vague lettre au Père Noël. »

Les décisions finales pour le futur protocole devraient être prises fin 2009, lors de la rencontre de Copenhague.

(Crédit photo : Photo-libre.com)

LES SOURCES DE CET ARTICLE :


- Article de Libération

- Entretien avec Greenpeace, WWF, Oxfam et le Réseau Action Climat (RAC)

A lire aussi sur Planète Terra :

- Le climat au coeur du sommet du G8

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3 Messages de forum

  • Le G8 au sommet de la déception

    10 juillet 14:09, par jeandb

    Je rappelle aussi ou j’informe que si la quantité de CO2 augmente dans l’atmosphère c’est aussi à cause de son non recyclage dû à l’asséchement des terres par modification directe du cycle de l’eau par les activités humaines. Pour être claire la déforestation , le drainage des terres agricoles, le tassement des terres dû au laborage par de lourds trateurs ,l’endiguement des cours d’eau , les surfaces imperméables , la surexploitation des réserves d’eau souterraines sont autant de facteurs qui réduisent l’hygrométrie souterraine et donc augmentent les déserts et zones arides. Le volume de circulation atmosphèrique du cycle de l’eau s’en trouve réduit et donc la vitesse de circulation augmentée. Cela explique en partie la fonte des glaces polaires qui reçoivent un exccès de chaleur ( comme un chalumeau ) dû à l’augmentation des vitesses du cycle de l’eau dans un espace restreint.

    Il existe une solution pour restaurer le climat, c’est d’agir sur le cycle de l’eau en réhydratant les terres de la planète par répartition des ruissellements vers un rechargement des espaces souterrains.

    Biefs du Pilat

    Voir en ligne : Solution qui dérange : gestion globale de la ressource en eau

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  • Le G8 au sommet de la déception

    12 juillet 11:34, par eaulibrius
    Pour être déçu il faut être suffisamment naïf (voir naïve) ! Vous n’avez toujours pas compris que derrière tous ces discours il y a le profit et les actionnaires. Tant que la planète sera gouvernée par le’ veau d’or ’ elle pourra dépérir voir imploser si cela n’affecte pas trop les dividendes. Je ne suis pas pessimiste, juste lucide. Alors courage, battons nous, mais changeons de méthode !!!!!

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    • Le G8 au sommet de la déception 12 juillet 11:45, par jeandb
      Vous pensez donc qu’il est plus facile de faire reculer le désert que la connerie ? cela s’appelle du pésimisme. Pourtant j’ose espèrer qu’il existe une relation entre les deux et qu’en agissant sur notre environnement on pourrait remettre les humains "à la campagne" sans revenir en arrière mais en s’occupant de notre "partie complémentaire vivante"

      Voir en ligne : Gestion globale de la ressource en eau

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