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La lumière chassée de la nuit
"Faire nuit noire", l’expression n’a plus grand sens avec le déploiement actuel de l’éclairage public. En France, une proposition de loi a été déposée pour lutter contre la pollution lumineuse.
Les 9 millions de lampadaires "plantés " dans les rues françaises consomment environ 1200 mégawatts par nuit (soit l’énergie produite dans le même temps par une centrale nucléaire). Pour lutter contre la pollution lumineuse, une proposition de loi vient compléter le Grenelle de l’environnement. Portée par le député UMP Eric Diard, elle porte essentiellement sur l’éclairage intérieur : celui des tours d’immeubles qui restent allumées toute la nuit. "L’intention est excellente", se réjouit Paul Blu, le président de l’Association nationale pour la protection du ciel nocturne. Il estime en effet que l’éclairage en zones d’activités est un gâchis. "Dire que ça diminue les risques de cambriolages est faux. Pratiquement toutes les entreprises ont leur propre système de sécurité, donc l’éclairage pourrait être coupé", affirme-t-il. L’éclairage donne juste "une sensation de sécurité". Par ailleurs, la secrétaire d’Etat à l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, affirme que la réglementation va changer. Pour elle, l’un des objectifs est de diminuer la facture d’électricité des collectivités locales. Et par rapport à notre voisin allemand, il y a du boulot. En France, la consommation d’électricité est passée de 70 KWh par an et par habitant à 90 KWh entre 1990 et 2000. L’Allemagne se maintient à 43 KWh. Selon une enquête de l’Ademe, en 2002, l’éclairage public représente donc 48% de la consommation totale d’électricité des communes. Pour Paul Blu, l’extinction nocturne est nécessaire. "Un éclairage permanent, c’est 4200 heures d’éclairement, alors que si l’on coupe l’éclairage en deuxième partie de nuit, c’est environ 2000 heures de fonctionnement." Toutefois, Paul Blu reconnaît que l‘éclairage est plus raisonnable depuis que les lampadaires sont mieux orientés vers le sol, au lieu de disperser la lumière vers le ciel. La faune perturbée Le deuxième objectif de Nathalie Kosciusko-Morizet est de protéger l’environnement de la pollution lumineuse : c’est en effet la deuxième cause de mortalité des insectes, après les pesticides. Les papillons se brûlent les ailes sur les lampadaires, et les petits insectes restent cachés dans les broussailles. Paul Blu cite l’exemple du pétrel de Barau, "cet oiseau de l’île de La Réunion qui niche en altitude, est attiré par les gros éclairages lorsqu’il migre. Une fois posé à terre, il ne peut plus redécoller". Chez l’homme, les éclairages provoquent des problèmes d’insomnie mais aussi "une sous-sécrétion de la mélatonine, une hormone qui est une sorte de carburant pour le système immunitaire", précise Paul Blu. Ce combat reçoit aussi le soutien des astronomes qui désespèrent de ne plus pouvoir observer certains objets célestes, cachés derrière le voile de lumière artificielle. Crédit photo : Charliebrown7034 LES SOURCES DE CET ARTICLE :
L’ampoule : espèce en voie d’extinction
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