L’internationale de la récup’
Sur le Net, tout se vend. Dorénavant, avec Freecycle, tout se donne. Et se récupère.

"La toute première fois, j’ai récupéré une imprimante un peu vieillotte mais qui fonctionnait encore, raconte Sandrine. Puis j’ai commencé à voir mon appartement sous un angle différent, avec tous les objets qui m’encombraient et que je n’osais pas jeter. C’est comme ça que j’ai rechuté et que j’ai commencé à donner !" Deux millions de personnes à travers le monde sont des "Freecyclers". Des membres incorrigibles du site Internet Freecycle, dont la devise consiste à "changer le monde grâce à des dons quotidiens". En France, il existe 23 groupes qui regroupent 6 000 aficionados.

Ils sont organisés en antennes locales, contrairement aux sites d’enchères en ligne. "L’explication est simple, avance Béatrice Bilvin, l’une des modératrices du groupe parisien. A l’échelle locale, les membres s’évitent les frais de port et l’acquéreur doit seulement se déplacer jusqu’au domicile du donateur afin de récupérer l’objet." L’idée a germé en 2003, au fond de l’Arizona, dans le crâne d’un chercheur écolo dénommé Daron Beal. L’homme, qui travaillait dans une entreprise de recyclage, était désespéré face aux montagnes d’ordinateurs abandonnés et aux machines à laver prenant l’air, tambour ouvert dans les champs. Pourquoi ne pas refiler au bricoleur d’à côté la vieille tondeuse à gazon condamnée à la décharge ? Chiche ! Il se jette sur Internet et bricole un portail avec trois fois rien. Freecycle vient de naître.

Charte éthique du recyclage

Les communautés Freecycle, qui s’appuient sur les groupes de discussion Yahoo, fonctionnent selon des règles précises. Un vieux PC qui prend la poussière ? Il suffit d’envoyer un simple courrier électronique décrivant l’objet et d’attendre la réponse des intéressés. Au donateur, ensuite, de choisir à qui il va attribuer l’objet, avant de signaler que la transaction est terminée par un nouveau courriel intitulé "Parti". Avertissement aux petits malins qui n’y verraient qu’un moyen de récupérer des bien gratuits : les modérateurs, tous bénévoles, veillent aux pratiques de chacun. Après deux messages suspects, ou si le comportement de l’un des membres est jugé « mauvais », l’avis d’expulsion tombe comme un couperet. Celui ou celle qui "cherchait une carte orange usagée pour se faire rembourser par [son] employeur" a dû quitter le portail illico.

La Samaritaine du Net

Pas d’alcool, pas d’arme, pas de drogue sur Freecycle. Les créateurs ont fixé une charte éthique. Interdiction de proposer son corps ou de transformer le réseau en site de rencontres ! Hormis cela, c’est la Samaritaine du Net : on y trouve de tout. A l’origine, Freecycle poursuivait un but spécifiquement écologique. Comme l’indique le fondateur, "nous réduisons le consumérisme à outrance, la production de masse, et en atténuons l’impact nocif sur la planète." Dans les faits, le réseau joue de plus en plus un rôle social, comme le reconnaît Béatrice Bilvin : "Des étudiants ou des chômeurs se tournent par exemple vers nous pour s’équiper."

Quant à la volonté de Freecycle de pousser ses membres vers une prise de conscience anti-consumériste, l’effet reste à démontrer. La modératrice... modère : "Depuis que je suis inscrite, je jette moins, c’est sûr, mais je n’ai pas franchement commencé à acheter moins." Freecycle est encore bien loin d’avoir rallié tous les internautes à ses idéaux de décroissance, mais l’initative a essaimé bien au-delà des Etats-Unis et de l’Europe. Azerbaïdjan, Chine, Trinité-et-Tobago : le réseau s’est converti en Internationale de la récup’.

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4 Messages de forum

  • L’internationale de la récup’

    21 février 16:12, par Ko Fuku
    Non c’est pas vrai, ca a commencé avant. Moi en 1996, au Japon, par les petites annonces du journal Mainichi, une dame m’a offert une machine a écrire bien amortie dont elle n’avait plus l’usage, en échange d’articles féministes que j’ai promis d’écrire avec. Il faut que j’y repense d’ailleurs, a cette promesse. Merci a elle. Ko Fuku journaliste international et freelance

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  • d’autres pistes du même genre : http://www.digitroc.com/dons.php

    Ces initiatives rentre dans le cadre des systèmes d’échanges d’un genre nouveau, représentant chacun des alternatives au commerce tel que nous l’avons toujours connu. Plus largement je conseille aux personnes désirant aller plus loin de lire le livre de Jean-Louis Sagot-Duvauroux : "De la gratuité" (www.lyber-eclat.net/lyber/sagot1/gratuite.html) et de se renseigner sur les SEL : Systèmes d’Echanges Locaux ; par exemple :
    - http://selidaire.org/spip/
    - ou encore www.sel-selistes-internautes.fr/

    Bien à vous

    Motivationément

    Thomas Schamasch

    Eco-Motivateur

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  • L’internationale de la récup’

    5 juin 14:32, par sylvee

    bonjour à tous C’est bizarre quon parle toujours des sites américains... je suis pas chauvine mais quand on a des sites européens ou français qui marchent mieux que leur conterpartie américaine, c’est dommage de ne pas en parler et d’aller à la facilité : prendre l’exemple du site américain

    En France, j’ai découvert consorecup.com a la télé et ce site cartonne apparemment, alors pourquoi pas interroger des récupérateurs de consorecup (y’a aussi le site recupe.com) ?

    En tous cas moi j’y ai donné des magazines, un canapé, et ai trouvé un scarificateur ! Sylvee

    Voir en ligne : consorécup, version française

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  • Contre la société consumériste et pour la solidarité ,il existe aussi recup. Le principe est le même Quelques dérapages et des pbs d’imcompréhension entre "donneurs" et " récupérateurs" mais l’idée es belle et celà permet de faire de belles rencontres Loran anarcho ecolo

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