Grenelle 1 : Pour Greenpeace, c’est "flou"
Mercredi 30 avril, Jean-Louis Borloo, le ministre du Meedad [1] a présenté le projet de loi d’orientation du Grenelle de l’environnement à ses différents participants : ONG, patronat, syndicats et collectivités territoriales. Même si le texte est "relativement conforme" aux conclusions du Grenelle, Yannick Jadot, le directeur des campagnes de Greenpeace France regrette "le flou" qui entoure les moyens mis en oeuvre. Entretien.

Quelles sont les principales mesures du projet de loi ?

En résumé, le texte comprend, pour l’habitat, la rénovation de l’ancien et les nouvelles normes pour le nouveau. Pour le transport, deuxième principal chantier, il est question de la révision du schéma national, du développement du ferroviaire, des transports collectifs, de l’écotaxe sur les poids lourds, de l’écopastille pour les voitures. Le projet inscrit également la création de trames vertes et bleues pour protéger la biodiversité. En ce qui concerne l’agriculture, l’objectif de réduire l’utilisation des pesticides de moitié en dix ans "si possible" comme l’avait précisé le président en octobre est repris.

Sont-elles conformes aux conclusions du Grenelle ?

Globalement, on les retrouve. Mais certaines sont passées à la trappe. Par exemple, la contribution climat-énergie, le schéma sur les infrastructures, l’interdiction des ampoules à incandescence. Cette dernière mesure, par exemple, pourtant pas polémique, ne se trouve plus dans le projet. C’est symptomatique de ce qui se passe avec le Grenelle. Quand on objecte qu’il manque certains aspects du Grenelle, on nous répond, soit que ça n’entre pas dans le projet de loi, que ça fera l’objet de règlements, soit que ce sera dans les deux lois d’application, Grenelle 2 et 3, qui suivront. Mais on ne les a pas. On reste dans le flou.

Etes-vous satisfait du financement proposé pour les mesures du projet de loi ?

Non. Rien n’est proposé. Il n’y a quasiment pas de chiffres. C’est vague. Le gouvernement n’a pas clarifié l’engagement de l’Etat sur les moyens qui vont être mis à disposition. On reporte aux lois d’applications. Mais on ne nous les fournit pas, on ne sait pas ce qu’il y aura dedans. Il n’y a pas d’éléments qui permettent de nous rassurer.

Le projet doit être examiné par le parlement avant l’été. Pensez-vous qu’il passera tel quel ou qu’on assistera à la même chose que pour le texte sur les OGM ?

J’ai du mal à croire qu’il passera sans être délavé par l’Assemblée. On a, en effet, déjà eu l’exemple avec les OGM. C’est un gros soucis. Une partie des parlementaires est opposée au Grenelle et s’emploie à le torpiller. Cette résistance pousse le gouvernement à chercher le compromis, et forcément les ambitions initiales sont revues à la baisse. En plus, nous ne sommes plus acteurs du Grenelle. Le fait que le texte du projet de loi nous ait été donné à peine quelques heures avant sa présentation en est un exemple. Maintenant que nous en sommes à l’étape de législation, les parlementaires estiment que nous n’avons plus à intervenir. Si ça se passe comme ça, le Comité de suivi n’a plus aucun sens. Le président a fait de l’environnement une priorité de la présidence française de l’Union. Si le Grenelle échouait, la crédibilité de la France en serait fortement écornée.

(crédit : Greenpeace)

LES SOURCES DE CET ARTICLE :

Propos recueillis le 7 mai 2008.

Lire aussi : Grenelle. La France voit vert

Notes

[1] ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire

Réagir à cet article

1 Message

  • pour les ampoules,un exemple pris à l’etranger:echange dans les magasins de 1 ampoule eco pour 2 ampoules a incandescence rendues

    il ya certainement un recyclage pour les ampoules rendues et le moyen parait tres incitatif pour changer rapidement le parc des ampoules

    Répondre à ce message


En ce moment sur Terra Economica
60%
48%
35%
17
77%
97

 Découvrez
Terra Economica