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De Grenelle au Guilvinec

Il y a quelques jours, en présence de l’ex vice-président Al Gore et du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, la France, par la voix de son président de la République Nicolas Sarkozy, s’est officiellement engagée dans la civilisation du développement durable. C’était le Grenelle de l’environnement.

Depuis quelques années, à mille lieues des ors de la République, les marins pêcheurs prennent de plein fouet la flambée des cours du pétrole. Celle-ci menace l’économie de leur métier et met en péril leurs bateaux, leurs équipages et leurs familles.

Ces deux épisodes, en apparence déconnectés, constituent en fait les deux faces d’une même pièce et préfigurent les menaces que la crise environnementale fait planer sur nos économies modernes.

Côté pile, la plupart des spécialistes du développement durable clament que, de gré ou de force, toutes les industries consommatrices d’hydrocarbures devront un jour payer le prix environnemental de leurs émissions de CO2. Ce jour est de plus en plus proche et ce prix sera de plus en plus élevé. Il se matérialisera vraisemblablement par l’application d’une taxe CO2, qui se surajoutera à un cours du pétrole sans cesse à la hausse. Ainsi, sauvegarde de la planète et amenuisement des réserves pétrolières deviendront en quelque sorte des alliées.

Côté face, l’épreuve que traversent les marins pêcheurs en annonce malheureusement d’autres. Il suffit de recenser tout ce qui tourne au pétrole, tout ce qui émet du CO2 - transports routiers, aviation civile, industrie automobile, tourisme de masse, etc. - pour prendre la mesure des secousses sociales que provoquera prochainement la crise environnementale, conjuguée aux tensions sur les ressources pétrolières.

Contrairement à ce que certains discours simplistes laissent entendre, le développement durable ne peut se limiter à repeindre notre économie en vert clair. Ce que montre la crise des marins pêcheurs, c’est qu’il faut repenser cette économie en profondeur. Il faut prendre en compte immédiatement l’impératif environnemental – nous n’avons plus le choix – tout en imaginant une façon nouvelle de développer des activités financièrement durables et socialement équitables. Car le développement durable, c’est aussi un revenu décent pour ceux qui travaillent. Qu’ils soient pêcheurs au Guilvinec ou élu de la République.

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1 Message

  • Comment pêche-t-on au Guilvinec ?

    9 novembre 2007 17:01, par Patrick Hubert, FinÆnviro

    L’autre jour à la BBC, j’ai entendu parler du label MSC, calqué sur le FSC utilisé pour le bois : le Marine Stewardship Council vise à encourager les pratiques de pêche "soutenables" en les labellisant. Aujourd’hui on commence à trouver assez facilement dans le commerce des produits à base de bois avec le label FSC (les autres labels n’ont pas les mêmes exigences de qualité environnementale). En revanche, du poisson MSC, je n’en ai encore jamais vu...

    Or, si le carburant pèse tant dans le fonctionnement des flottes de pêche, c’est aussi, apparemment, qu’il faut tirer des chaluts de plus en plus grands et lourds, pour aller de plus en plus loin chercher une ressource halieutique de plus en plus rare. Le mouvement de ces marins pêcheurs me fait penser à un bûcheron qui râlerait parce que sa tronçonneuse n’a plus d’essence, ce qui l’empêche de continuer à "faire son boulot" : scier consciencieusement la grosse branche... sur laquelle il est perché.

    Certains pêcheurs (Vigo en Espagne, Nouvelle Zélande, p.ex.) se sont convertis à l’idée des réserves sous-marines où la pêche est interdite, parce qu’autour les captures sont redevenues plus abondantes. Et en France, les pêcheurs de bar de ligne ne semblent pas avoir les mêmes problèmes que leurs collègues chalutiers. L’arrêt de la course au rendement et des campagnes attrape-tout destructrices, le choix de la qualité, tout cela semble porter des fruits pour certains. Si c’est le cas au Guilvinec, où peut-on trouver le poisson "MSC" attrapé par ses marins-pêcheurs ? Et, puisqu’on commence enfin à serrer la vis pour les vidangeurs en pleine mer, quand verra-t-on à leur tour les bateaux-usines pirates arraisonnés par la Marine Nationale (y compris dans nos mers australes), et leurs armateurs sévèrement pénalisés financièrement ?

    P.H.

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