Le paradoxe Bill Gates
Le milliardaire et fondateur de Microsoft s’est bâti un empire et investit maintenant largement dans des actions environnementales et sociales. Info ? Intox ? Que faut-il en penser ?
La lecture de l’article "Bill Gates est-il altermondialiste ?" suscite beaucoup de commentaires en tous genres. Nous pouvons remercier Albert de Pétigny de nous avoir fait part d’extraits du discours de Bill Gates du 7 juin dernier à Harvard.
Alors quoi, il faudrait que chacun devienne parfait ? Que cet homme jette tout ce qu’il a fait jusqu’à maintenant aux orties ? Qui sommes-nous pour le juger de la sorte ?
Il me semble que Bill Gates prend peu à peu conscience du pouvoir et des limites de ses actions passées. Et c’est là un processus que bien peu ont le courage d’assumer à la face du monde.
N’oublions pas !
Windows a permis à un grand nombre d’utiliser un ordinateur sans se torturer la cervelle. Vous souvenez-vous comment c’était avant ? Moi, oui ! Il fallait une grande capacité d’adaptation (dont j’étais heureusement lotie, mais pas forcément mes collègues, collaborateurs, patrons et voisins) pour pouvoir utiliser un ordinateur (à moins d’être sur Mac, à des coûts prohibitifs).
Sans Microsoft, nous ne serions peut-être pas encore à utiliser Internet comme nous le faisons aujourd’hui. J’ai fait partie des initiés utilisant Internet à l’heure où il était encore sous DOS et ce n’était pas une sinécure, croyez-moi !
Cet homme s’est outrageusement enrichi, certes ! Sur notre dos, certes !
Mais si Microsoft n’avait pas été ce qu’il est, nous n’aurions certainement pas vu émerger ces solutions alternatives qui nous réjouissent.
Si l’on en croit les propos du président de Microsoft France (sur France Inter ce matin, 15 Juin), Bill Gates a encore beaucoup à transmettre à son entreprise et ses employés, de façon pragmatique. Certes !
Oui, Microsoft continue à déployer ses efforts pour devenir et rester omnipotent. Certes.
Mais rien ne nous empêche de faire tous ce que nous pouvons pour nous soustraire à cette omnipotence.
Bill Gates est un Homme !
Comme vous et moi. Et si nous étions parfaits, nous pourrions lui jeter la pierre.
Il investit des sommes faramineuses dans des actions environnementales, sanitaires et sociales.
Pour se donner bonne conscience ? Peut-être. Il n’en est pas moins que ces fonds sont utiles.
Pour des raisons de défiscalisation ? Peut-être. Il n’en est pas moins que ces fonds peuvent être efficaces.
Il investit beaucoup dans des campagnes de vaccination, à l’heure où nous savons que la vaccination n’est pas une panacée et peut d’avérer néfaste. Oui, mais telle n’est pas sa conviction et il pense bien faire. A nous de le détromper !
Il donne beaucoup, mais il lui reste tant ! Certes ! Mais faudrait-il qu’il devienne "pauvre" pour que nous lui accordions quelque crédit ?
Regardons-le ! Aidons-le ! Et nous pourrons juger.
Si certains questionnent le fait qu’il ait fallu tant de temps Bill Gates pour acquérir ce degré de conscience, il faut garder à l’esprit qu’il fait partie de cette génération qui devait prouver qu’elle était capable. Cela peut aveugler. On ne peut que se réjouir que cet homme trouve aujourd’hui quelques raisons de crier à la face du monde son "mea culpa". Quelle raison aurait-il de le faire ? Bonne conscience ? Défiscalisation ? A ce niveau de richesse, cela ne compte plus, croyez-moi !
En revanche, il faut de la conviction et du courage pour dire à la face du monde ces choses qui peuvent vous isoler de votre environnement social et amical.
Si nous voulons nous assurer de sa bonne volonté, à nous de savoir lui parler et de le rendre conscient plus avant.
Bill Gates ne finira pas sur la paille.
Il continuera de s’enrichir. C’est une quasi-certitude. Mais si c’est finalement pour "prendre aux plus riches et donner aux plus mal lotis", pourquoi pas ?
Nous avons de multiples façons de lui faire savoir ce avec quoi nous ne sommes pas d’accord avec lui ; utilisons-les !
Notre pouvoir.
Info ? Intox ? Il n’est pas certain que ce type de terminologie soit vraiment efficace et productive. En revanche, nous avons la possibilité d’observer les actions et orientations de Bill Gates et de juger par nous-mêmes. Alors, gardons les yeux et les oreilles ouvertes. Et, au lieu de juger, sachons lui faire connaître nos satisfactions autant que nos mécontentements.
Et, de grâce, arrêtons de cataloguer et de juger à l’emporte pièce ! Ne serait-ce parce que cela n’aide pas nos contemporains moins informés à se faire une idée.
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